Georges Chelon

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Georges Chelon


Georges CHELON est né à Marseille, le 4 janvier 1943. Après ses études de Sciences Politiques il envisage une carrière dans le journalisme mais lors d'un voyage en Espagne avec des amis, où il acquiert une guitare, Georges commence à écrire ses premières chansons.

En 1964, il se présente à un radio-crochet organisé par Pathé Marconi et Radio Monte-Carlo. Sa prestation attire l'attention de René Vanneste à l'époque directeur artistique chez Pathé Marconi (à qui Georges a dédié son album “On rêve, on rêve” en 1998) qui va lui donner la possibilité d'enregistrer en septembre son premier 45 tours.

Après une tournée d'été 'formatrice' en Corse, le premier Super 45 tours quatre titres 15-20 et plus… sortira en janvier 1965. Les chansons sont bien accueillies par le public. Pour le jeune étudiant Georges CHELON qui ne songeait pas à une carrière professionnelle dans la chanson, ce sera une révélation. Il obtient l'Hermine d'Or du Festival de Rennes en mai de la même année, gagnant à cette occasion, se souvient Georges pour l'anecdote, son poids en oranges. En juin de la même année, s'ensuit la parution d'un premier 33 tours “Père prodigue”, fait exceptionnel à l'époque pour un artiste débutant. Un premier album contenant douze chansons écrites par Georges CHELON et accompagnées par le grand musicien de Conservatoire : Lucien Lavoute. Les chansons plaisent au public, notamment l'autobiographique et douloureux “Père prodigue”.

Mais Georges CHELON est avant tout un homme de scène , il chante dans les cabarets parisiens (Chez Georges sera un des plus fidèle à l'artiste) et passe en première partie d'artistes déjà réputés comme Alain Barrière, Salvatore Adamo…

Fort d'un premier succès discographique, Pathé Marconi sort en septembre 1966 le second album 33 tours de CHELON qui remportera cette année là, le Prix de l'Académie de la Chanson Française. Avec son physique d'adolescent et ses textes à la fois sérieux et naïfs, le romantique Georges CHELON, à contre courant de la vague yéyé, plaît à un public d'étudiants principalement qui se retrouvent dans ses chansons très simples.

Ses sujets de prédilections sont les amours difficiles “Morte-saison”, les blessures de l'âme “La rose des vents”, les souvenirs douloureux “Le grand feu”, la vieillesse “Je me souviens” sur des mélodies très agréables où la guitare, souvent inspirée par le style de Georges Brassens, est très souvent présente. Georges CHELON est un des grands mélodistes de la chanson française et plusieurs de ses créations, au-delà des modes et du temps, sont gravées dans notre mémoire collective :“Morte-saison”, “Girouette”, “La fleur qui rit qui pleure”, “Ce n'est pas encore demain la veille”, “Les années glissent sur ta vie”…

Après la parution de cinq autres nouveaux Super 45 tours, Georges CHELON est sur la scène de Bobino, et le troisième album (enregistré lors de son récital du 27 octobre 1967) Bobino 67, paraît le mois suivant.

En 1968, malgré un style que certains trouvent trop introspectif, Georges signera quelques unes de ses plus belles chansons : l'histoire touchante du chien bâtard “Sampa” devenu un de ses classiques, “Girouette” une chanson d'amour pleine de vie à la mélodie accrocheuse, “Rue des Carrières” une chanson pleine d'humour accompagnée de bruitages évocateurs sur le thème des déboires occasionnés par des travaux d'aménagement au domicile d'un jeune couple, 'Evelyne' la croix sentimentale pleine de retenue de Georges CHELON…

Dans une France déchirée par les 'Evènements de 68', CHELON est catalogué dans le registre hélas bien réducteur 'Chanteur de chansons d'amour' par ceux qui n'ont pas écouté “Crève misère” ou “Pauvre monde”.

En 1969, d'autres créations prouveront que Georges sait trouver son inspiration ailleurs que dans les chansons sentimentales où il excelle par ailleurs. Il signera entre autres cette année là : “Suppose que” où de grandes questions sont posées par l'artiste, il pratiquera habilement la dérision sur son propre public avec “Tango critique”, ou l'autocritique avec “Soliloque”. En 1970 il sort plusieurs 45 tours, dont deux adaptations en français fort réussies d'après Leonard Cohen “Adieu Marianne” d'après “So Long Marianne” et “Good-bye” d'après “Hey That's No Way To say Good-Bye”. La même année, dans le 45 tours suivant, CHELON nous offre une de ses plus belles chansons 'Paris n'a plus l'air de Paris'. Dans les deux albums qui paraissent fin 1970, se trouvent deux autres remarquables chansons :'Faut pas tricher' écrite pour CHELON par Jean Tabourin et Yves Gilbert et puis une merveille de poésie digne de ce troubadour de la chanson française : “Et je compte les heures comme on compte les ans'.

En 1971, Georges CHELON obtient le deuxième prix du Jury de la Rose d'Or d'Antibes et se retrouve sur la prestigieuse scène de l'Olympia. En 1972, il quitte Pathé Marconi et enregistre chez Gérard Meys un très bel album “Ouvrez les portes de la vie” où le thème précurseur de l'écologie est souvent évoqué.

En 1974, CHELON signe chez Barclay où il enregistre l'album “Si demain”. C'est trois années plus tard que Georges sort un de ses plus beaux albums “Commencer à revivre” où il co-signe plusieurs chansons avec Elisabeth Vigna :“Vendredi”, “Chanson pour David”,“Messie”... et plus tard “La marine est là”.

Après un silence discographique de quelques années, c'est en septembre 1979 que paraît le splendide album : “Tous les deux comme hier” avec de très belles chansons : 'Montmartre' ,'La maison”… et puis en 1982 c'est au tour de l'album “Orange et citron” avec des orchestrations très soignées de Jean Musy.

Hélas, malgré la très grande qualité artistique de ces albums, Georges CHELON est très peu programmé sur les ondes. Après un bref retour de deux ans chez Pathé Marconi où il enregistre “Poète en l'an 2000” en 1983 ainsi que quelques 45 tours les deux années qui suivent, ce n'est vraiment qu'en 1989, chez EPM, que Georges CHELON trouve une harmonie discographique, au sein de la structure de François Dacla, qui l'accueille et lui permet d'enregistrer 13 CD à ce jour.

En mai 2004, la première maison de disques de Georges a l'idée lumineuse de rassembler ses archives et d'éditer dans un double CD 'Suppose que...' compilation bienvenue de 41 chansons de Georges CHELON enregistrées entre 1967 et 1970 dont la plupart éditées pour la toute première fois sur CD et avec en prime, 2 versions inédites de 'Morte saison' et 'Prélude' chanté ici en espagnol.

Nous attendons tous maintenant avec impatience la poursuite de la réédition intégrale en CD 'Il n'est pas interdit de rêver' des 6 autres albums de Georges CHELON (sur les 8) parus chez sa première maison de disques...

Georges CHELON, un interprète, un très grand auteur-compositeur. Un artiste tout simplement.