Eric Charden
Dimanche 10 octobre 2010« Je suis né dans un pays, très loin d’ici, dans le sud-est de la Chine. Les chemins et les maisons de mon enfance furent bordés de flamboyants, ces immenses arbres aux fleurs rouges… » (La Chine–1969)
Fils d’un Français et d’une Tibétaine, Eric Charden est né le 15 octobre 1945 au Vietnam, où il passe ses sept premières années. Alors que les prémices de la guerre d’Indochine s’annoncent, sa famille quitte le pays en bateau et accoste à Marseille où Eric grandira.
Bac en poche, il monte à Paris à la fin des années 50 pour y faire H.E.C. Il y restera six mois et décide de se consacrer totalement à sa passion : la musique. Après avoir fait quelques petits boulots pour gagner sa vie, le hasard va lui ouvrir les portes du show-biz et il sort son premier album, « J’ai la tête pleine de Provence », en 1963. Mais c’est deux ans plus tard qu’il connaîtra son premier succès avec « Amour limite zéro » (classé au Top 100 des Rockers de Disco Revue), chanson dans le plus pur style Dylan.
A l’instar de Michel Polnareff, Eric s’inspire des nouvelles sonorités qui arrivent d’outre-manche et d’Amérique pour se créer un répertoire original alors que les vedettes « yéyés » se battent pour des reprises, plus ou moins réussies de chansons anglo-saxones.
En janvier 1966, aux Ecuries du Lion d’Argent, Eric se retrouve membre du jury de l’élection de Miss Beatnick. S’il ne vote pas pour la lauréate, une certaine Annie Gautrat, tout juste 18 ans, il la retrouvera à son retour d’un séjour en Angleterre (1er prix du concours) et tous deux ne se quitteront plus. Eric va même écrire deux chansons originales et adapter deux titres des Beatles pour le 1er 45 t d’Annie, rebaptisée Stone pour l’occasion. Les deux jeunes gens se marient en juin de la même année.
Parallèlement à sa carrière de chanteur, Eric s’occupe de celle de son épouse et commence à écrire pour Johnny, Sylvie Vartan, Dalida, Cloclo et beaucoup d’autres mais surtout pour Monty. C’est avec ce dernier qu’Eric écrit « Le monde est gris le monde est bleu », qui sort fin 1967 et qui va lui permettre de traverser les frontières puisqu’il l’interprètera en Italien, Espagnol et en Allemand. Eric est alors l’égal des plus grands.
Printemps 1971 : un 45 t de Stone, avec la participation d’Eric Charden « le seul bébé qui ne pleure pas » va connaître un joli succès et sera encore programmé en radio alors qu’Eric enchaîne avec « Accroche ton wagon à une étoile ». Encouragé par le succès du duo, les auteurs, Jean-Michel Rivat et Franck Thomas écrivent un texte à 2 voix et ont toutes les peines du monde à persuader Eric de chanter avec Stone. Eric compose une valse, convaincu que l’aventure s’arrêtera là. Charles Talar créé son propre label pour produire « L’avventura » fin 71. Le succès est immédiat (ils enregistreront également cette chanson en Italien,Allemand et Espagnol)
Entre 1971 et 1975, Stone et Charden vont écumer les scènes de France et de Navarre et accumuler les tubes et les disques d’or. Devenus phénomènes de société, ils véhiculent, sans le vouloir, l’image du bonheur parfait. La naissance de leur fils Baptiste le 6 juillet 1972 ne fera que renforcer cette image.
Mais Eric refuse de se laisser enfermer dans un style duo et sort en 1974 l’album « 14 ans les gauloises », écrit avec Guy Bontempelli. Le succès est au rendez-vous et les deux hommes continuent sur leur lancée avec « Mayflower », une comédie musicale racontant la traversée des premiers colons européens vers l’Amérique. Le spectacle sera joué en 1975, pour la première à Washington et ensuite à Paris, au Théâtre de la Porte Saint Martin, pendant deux ans ainsi qu’en Autriche.
1975, c’est aussi l’année de la séparation d’Eric et Annie. Mais Stone et Charden continuent de chanter ensemble jusqu’en
1976, avant de poursuivre leurs chemins en solo. Eric reprend en main sa carrière et sort successivement 2 albums : « C’est boum la vie », en 1976, sur lequel il commence une collaboration, qui va s’avérer fructueuse, avec Didier Barbelivien. « Pense à moi » l’année suivante où l’on trouve aussi « Joue contre joue 16 ans 16 ans ».
En 1978, il retrouve Stone pour « Tous les avions sont des oiseaux » que le couple chante avec Baptiste, âgé de 6 ans. Après cette interlude familiale, Eric enchaîne les tubes en solo avec l’album « Promène », en 1978, sur lequel on trouve le désormais célèbre « Pardonne ou l’amour graffiti », et été 1979 « L’été s’ra chaud », l’un de ses plus gros succès. Cette même année, il compose les génériques de deux séries made in Japan qui arrivent sur les télévisions Françaises à la rentrée : «San Ku Kaï » et « Albator », dont il interprète lui-même les chansons. Il écrit encore « l’opéra vert » à la demande de Alain Bombard.
Eric poursuit avec bonheur sa carrière en solo et enchaîne les succès. « Allume », « J’t’écris », « Les mots qui m’font chanter », « Lila, lilas », « Ca m’arrive encore » et « L’adolescence », entre autres, sortent entre 1980 et 1982. En 1983, il retrouve Stone pour deux 45 tours « Mon père qui chantait » et « Carmen ». Retour très médiatisé qui montre que l’image du couple est restée très forte dans l’esprit du public.
Eric sort en 1984, son douzième album solo « D’amour », avec « Le temps qui s’en fout » et « On t’as revue en ville » qui fait suite à l’album « au milieu » enregistré avec le groupe Marseille dans un style très « live music » avec des textes très engagés.
Trois 45 tours solos suivront, « Essaye une fille » (85), « J’la vois partout » (87), « Epinglée en bleu » (88). En 1985, Eric écrit et compose pour le Club Med, une comédie musicale, « 5ème dimension » qui sera jouée dans tous les villages du club par les G.O. Le titre générique de cet album « On vient vous déclarer l’amour » sera également chanté par Baptiste, qui sort ainsi son premier disque.
Cette même année, Eric écrit de nouveau pour d’autres artistes : « Le portugais de Levallois » pour Dalida et « Les avions les oiseaux » pour Mireille Mathieu.
Janvier 1989, sort l’album « En plein après midi » qui permet au public de retrouver Stone et Charden, en duo, solo et en famille puisqu’une chanson de l’album est interprétée avec Baptiste.
Histoire de dérouter les gens, « Eric le caméléon » continue sa propre carrière et sort successivement plusieurs CD : « Je rocke ma vie » (92), « Indochine 42 » (96) avant de retrouver Stone en 1997 pour la promotion d’une magnifique compilation certifiée disque d’or et qui débouchera sur un concert magique au Casino de Paris le 24 mai 1997 (une demi-heure de rappels, s’il vous plaît…) et la sortie d’une autre compilation sur laquelle se trouveront six titres inédits chantés en duo.
« Tant pis si l’on me traite de caméléon ; le public suit, c’est l’essentiel ».
« Vive l’éclectisme » extrait interview Eygalières Eric et Pierre 27 août 2005.
Un éditeur propose à Stone et Charden de raconter leur histoire. « Laisse aller la musique » sort en 2001 et chacun à leur tour,Annie et Eric nous livrent leur vision de leur « Avventura » avant leur rencontre, pendant leur mariage et après leur divorce.
2002 : Eric écrit et compose simultanément un album « Le magnifique mensonge » et un livre de pensées et réflexions « Le monde est gris le monde est bleu » sous le pseudonyme de Pounjah Bourou, son mentor spirituel, ponctué de dessins et de tableaux d’Eric.
En fin d’année 2003, Eric double à nouveau la mise en sortant un album et un roman. Son seizième album « J’suis snob » propose quelques reprises du répertoire français comme « La vie en rose », « J’suis snob », « Elle », « Mais quand le matin » qu’Eric interprète accompagné en partie au piano. Mais aussi des nouvelles chansons comme « Fais-moi l’amour ». « Fais-moi l’amour comme si c’était, la première fois que tu l’faisais, comme si jamais personne avant toi, n’avait entendu ces cris là… »
« La baraque au néon », le roman, c’est son histoire.
Avec plus de vingt millions de disques vendus, de nombreux disques d’or, Eric prépare à 62 ans avec son ami auteur Franck Thomas son dix septième album solo, son retour sur les scènes de France et, pourquoi pas, un clin d’oeil à l’Olympia.
« La chanson c’est le coeur qui bat, qui craque doucement, qui danse, qui vit les romances du temps, qui chante les tendresses de l’amour » Eric Charden juin 1965. « Ouh, ouh, le loup !
Pas si méchant qu’ça le loup… »
Pour Eric, avec tout notre amour et notre profonde amitié,
Sonia et Pierre.

















