David Martial
24 février 2012
David Martial est né au Précheur, près de Saint-Pierre, au pied du Mont Pelé (Martinique). Enfant, David se souvient avoir été bercé par la voix harmonieuse et rythmée de sa maman et par les airs entendus à la radio. Sa vocation était d’ores et déjà tracée, et ce jeune métis indo-guyanno-martiniquais a depuis fait plus connaître les Antilles françaises que n’importe quel dépliant d’agence de voyages. Mais à l’instar de pas mal de ses confrères, sous quelque latitude que ce soit, le chemin devait être long avant que ses vœux secrets ne se réalisent. Il est tailleur dans l’atelier de couture de son frère, alors que sa réelle préoccupation est de faire entendre sa voix. La seule solution pour l’adolescent de treize ans, est de se faire présenter aux vedettes antillaises de l’époque, le “groupe folklorique”. Un cousin se chargera de cette tâche, et à l’écoute de ses capacités vocales David est immédiatement accepté. Mais en marge du “Groupe”, une autre équipe se monte et aboutit à la création de “Créolita”. David garde encore aujourd’hui un souvenir ému de cette époque presque insouciante. Malgré ce tableau, quasi idyllique, David rêve de connaître la mère patrie, et à bord d’un cargo italien, en échange de ses prestations nocturnes, il vit pendant la traversée la “Dolce Vita”. Arrivé à Paris, il va rapidement se faire connaître dans des dancings antillais, où il interprète le répertoire de son pays et les chansons à la mode. Il apprendra également à jouer de la guitare pour composer ses chansons. Dans les années 50-60, David mène une double vie inhérente à presque tous les artistes : d’un côté l’inévitable travail “gagne pain”, de l’autre la musique en participant à des concours. Là, il se classe toujours dans le peloton de tête. Mais cela ne mène pas bien loin. Et les temps sont durs. David rentre donc manœuvre dans une usine d’alimentation du XIX ème arrondissement à Paris. Ce n’est pas un travail très fascinant, mais cela lui permet de se nourrir. Au bout de quelques mois, il change de travail et rentre comme coursier dans une maison de confection. “Mon ancien métier m’a servi, car je leur donnais un coup de main quand ils étaient débordés”. Peu de temps après, David allait rompre avec cette double vie harassante pour se consacrer exclusivement à la chanson. En 1963, David participe à un concours à Radio Luxembourg et remporte le Grand Prix des Variétés : une Volswagen et un enregistrement chez Festival. David chante à présent dans les cabarets, à raison de deux à trois par soirées. En 1968, David enregistre pour une marque antillaise “Elise”, “Lucie”, “La Meringue”, “Jerk vide”. Ils vont rapidement devenir les plus grosses ventes de disques jamais réalisées dans les Caraïbes françaises. Bientôt, il ouvre à Fort de France un cabaret à lui. De là, il va conquérir définitivement le public autochtone qui lui est resté fidèle depuis. A l’occasion du Carnaval de 1971, sa chanson au “Pays a Kalinda” remporte l’oscar de la chanson Créole. Dans le courant de l’année 75, il rencontre Denis Bourgeois avec qui il signe un contrat de production. Ensemble, ils sortent “Célimène” dont un auteur inconnu, Gilles Sommaire, signe les textes, et qui fera de David une vedette à part entière auprès du public métropolitain. Dès cette époque David travaille avec des auteurs, des compositeurs ou des arrangeurs de renom dont on peut citer entre autre Charles Level, Jacques Demarny, Jean-Pierre Sabar, Raymond Gimenes et bien sûr Roland Louis, compagnon des Antilles, lui aussi. En 1976, les choses se précipitent. A la suite du succès de “Célimène”, les disques de David sont distribués en Suisse, Belgique, Hollande, Allemagne, Italie, Canada, Madagascar, Ile Maurice, Seychelles, Comores, sur tout le territoire africain (Kenya, Ouganda, Tanzanie, Côte d’Ivoire, Togo, Sénégal, Maroc, Tunisie, etc.) et au Brésil. La même année son spectacle se modifie profondément et devient beaucoup plus visuel. Il s’adjoint des choristes et des danseuses qui donnent une dimension folklorique et onirique à ses apparitions scéniques. En 1977, David fait une importante tournée qui le mène de la Réunion en Nouvelle Calédonie, en passant évidemment par les Antilles et le Mali. Là, à Bamako, il chante devant 35 000 personnes qui lui font une “standing ovation” et le surnomme “Le Roi David”. Parallèlement, David continue à s’imposer en France grâce à de nombreux galas, de fréquents passages à la télévision et un passage triomphal à l’Olympia. En 79-80, il sort un dernier album en collaboration avec Denis Bourgeois pour Bagatelle/CBS, “Cap Caraïbe”, avant de reprendre une liberté qu’il considère plus propice à la création. En mars 81, un nouveau 33 Tours voit le jour, produit et réalisé par Gérard Sautour et Harry Williams pour RCA. Dans cette production trois succès voient le jour : “Marie Galante” en 81, “Annabelle” en 83, “oh ! lala Lilly” en 84. Depuis, David Martial c’est 150 galas par ans : en France, le Benelux, en Afrique et dans tous les DOM-TOM. En 86, David crée la production DAGAMA, distribué par CARRERE et depuis les succès internationaux se confirment jusqu’à l’an 2000, année où il met sa carrière entre parenthèses jusqu’à aujourd’hui.
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