François Deguelt
10 octobre 2010
François Deguelt : le ciel, le soleil et la mer… un tube, une carrière. Il voit le jour à Tarbes, mais c’est à Barbezieux qu’il passera son enfance, élevé par une grand-mère coiffeuse pour hommes. Le virus de la chanson il le doit probablement à son père chanteur d’opéra. Début des années 50 il “monte” à Paris pour tenter une licence en philo… et le soir il tente la chanson dans des cabarets parisiens. Ses compagnons de galère s’appellent : BREL, LAFFORGUE, FERRÉ… Il ne reniera jamais cette époque qu’il se plait à nous remémorer lors de ses tours de chant.
1954 : premier disque (78 T quasi introuvable)
1956, François Deguelt décroche le Grand Prix de l’Académie du Disque Français. Fin des années 50, il enregistre (chez Pathé Marconi) des versions françaises des succès des Platters (Only you : Loin de vous – Twilight time : Les amoureux – Smoke gets in your eyes : Fumée aux yeux – My prayer : Ma prière…). La guerre d’Algérie l’oblige à s’éloigner des scènes et des studios. Toutefois c’est le temps d’une “perm exceptionnelle” qu’il remporte Le Coq d’Or de la Chanson Française (1959 : Je te tendrai les bras). Il participe au concours Eurovision de la chanson en 1960 (Ce soir là) et en 1962 (Dis rien). Il se classera troisième avec ce superbe slow signé Henri Salvador et Bernard Dimey. Mais le “tube” arrive en 1965, toute la France chante : “le ciel, le soleil et la mer”… Sa maison de disques veut le cataloguer chanteur de tubes de l’été mais cela ne lui plait guère. Il s’amuse à changer de style. La preuve : en 1968 il triomphe à l’Olympia en compagnie de Liza Minelli en chantant une valse musette : “Le bal de la marine”. Il passe à Bobino la même année avec en première partie un petit jeune nommé Michel Sardou. Il se tourne vers la radio en tant qu’animateur (Radio Luxembourg et Europe N° 1) et vers la télévision (Aujourd’hui Madame et les Gens Heureux ont une Histoire). François reprendra durant quelques années la direction du cabaret montmartrois “chez ma cousine”. Après ces années de tumulte, il décide de prendre du recul et du bon temps, s’adonne à sa passion : le bateau. Et depuis il a un pied à terre et un pied sur son voilier “Marie Marine”. Mais François Deguelt n’a jamais cessé de chanter il promène son tour de chant qui se situe entre anecdotes et chansons, histoires et succès, humour et simplicité. Le jour où la “Star’ac” mettra à son répertoire “le ciel, le soleil et la mer” on redécouvrira peut-être ce “saltimbanque de charme”.
Histoire d’un tube : Le ciel, le soleil et la mer … c’est l’été… les vacances… oh mon dieu quelle chance… il y a le ciel… le soleil… et la mer… Qui n’a pas dansé sur ce tube de l’année 1965 ? La pluie, le froid de l’hiver 64 voilà le décor est planté. François Deguelt entend à la radio une publicité vantant les mérites d’un shampooing : avec le ciel, le soleil et… etc. François saisit sa guitare, quelques accords, une jolie mélodie et le reste vient tout seul. Il enregistre le disque au printemps et deux mois plus tard la France entière fredonne ce qui deviendra à coup sûr le “tube de l’été” par excellence.
Nous avons rencontré pour vous François Deguelt :
- Quel regard portez-vous sur la chanson française actuelle ?
- Le même depuis toujours. Il y a la bonne, une belle vague de chansons inspirées et une autre de chansons “jetables”.
- Outre un film (1962 : l’assassin viendra ce soir) le cinéma ou le théâtre ne vous a jamais tenté ?
- Bien sûr que oui… mais c’est un autre métier. Le “hasard” n’a pas fait que…
- Quelle chanson auriez-vous aimer signer ?
- La mer de Charles Trénet.
- Les années 60 : une époque formidable ?
- Oui mais c’est plutôt “saltimbanque story” voiture, gala, dodo… puis les impôts.
- L’écriture d’un livre, d’une biographie ou d’un roman ne vous tente pas ?
- Comme tout le monde. Mais vivre me prend déjà beaucoup de temps.
- Votre principal défaut ?
- La paresse. C’est paraît-il ce que l’on dit dans le métier… mais quel luxe.
- Qualité ?
- L’hésitation, le doute.
- Votre plus beau souvenir ?
- J’ai 18 ans. Je viens de passer mon bac philo. Il est 11 heures du matin. Je suis sur la plage à Biarritz. La sonorisation du Casino envoie un disque de Jacqueline François qui chante “C’est le printemps”. Je referme le livre que j’ai entre les mains : “l’introduction à la psychanalyse” de Freud, et j’écoute le cœur en plein soleil la merveilleuse musique… Une formidable envie de vivre ! et le livre s’endort sur le sable…
- Et le plus pénible ?
- Un gala sur un terrain de football, un dimanche à 3 heures… seul… avec ma guitare…
- Dans vos chansons vous évoquez souvent des lieux, des mots ; je pense à Barbezieux, la mer, l’amour, Montmartre, les îles ?…
- Parce que derrière tous ces mots, il y a ma vie…
- Des projets ?
- Oui, bien sûr. Lorsqu’on fait ce métier rien n’est jamais fini. Regardez Henri Salvador… Je prépare un CD de 17 chansons originales. La dernière en date parle de Molière et c’est une sorte de conseil aux jeunes qui débutent dans ce merveilleux métier. Propos recueillis par J.P. Deraedt.
Dans la Tournée AGE TENDRE ET TETES DE BOIS, François Deguelt sera le fil conducteur, animateur et présentateur du spectacle.
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